- Localisation
- Description visuelle du château
- Déduction de par les différents
indices restants
Localisation
Au midi de la magnifique forêt des Chambons, à 7 kilomètres
du village de Borne, à 8 Km de Saint Laurent Les Bains et de Loubaresse,
à 12 Km de Saint Ethienne de Lugdares; dans une vallée prodonde
et abrupte formée au levant par la montagne de Tanargue; au couchant
par celle qui domine Borne et le Masmejean et qui élèvent
leurs têtes à plus de 600 mètres au dessus de la rivière
de Borne qui coule au milieu; à la suite d'un petit contrefort
formé par cette dernière montagne, se trouve un rocher de
125 mètres de hauteur, de forme piramidale, composé de larges
couches de granit perpendiculaires, tassées les unes sur les autres;
laissant parfois des ???? entailles; taillés à pic de tous
cotés; sauf du coté du midi ou à partir de la mi-hauteur,
il élargit un peu sa base par une pente très rapide et par
une terrasse ondulée d'une trentaine de mètres de large
mais beaucoup plus longue.
Ce pic majestueux à été formé par un soulèvement
puissant dont les effets se font remarquér dans tous les environs.
Les infractuosités sont occupées par des hêtres rabougris
et une vert gazon courre le peu de terre végétale qui a
pu se contenir sur ces découpures.
Au deux tiers environ de sa hauteur, il se trouve une espèce de
galerie ou chemin de ronde fait par la nature et la main d'hommes qui,
d'après certains, permet aux hommes dont le pied et l'oeil sont
fait comme celui du chevreuil d'en faire le tour.
Le pied de ce rocher est baigné sur trois cotés par la
rivière appelée La Borne, qui roule ses eaux limpides et
frémissantes sur un lit creusé dans le roc, à travers,
parfois, des blocs énormes amoncelés qu'elle blanchit d'écume
où se précipite au fond des gouffres effrayants dont personnes
a été en mesurer la profondeur.
Dans les jours de grandes eaux, son bruit domine celui du tonnerre.
Au midi de la piramide, la vallée forme un entonnoir arrondi,
resséré à pente très raide, inaccessible parfois
sur la gauche de la rivière, et formant à sa droite une
suite de terrasses bien fertiles et bien cultivées; quelques pariries
fertiles ombragées par de hauts et vieux châtaigners ou noyers.
C'est là que se trouve disséminées les quelques
maisons qui composent la moderne cour royale de Borne.
La rue est bien vite arrêtée au midi par des montagnes qui
s'engrênent les unes dans les autres et qui, autrefois, étaient
couvertent d'épaissent forêts.
C'est dan ce pays auguste et désert et un peu plus qu'à
mi-hauteur du rocher décrit pus haut que les anciens Seigneurs
de Bornes vinrent batir, comme un nid d'aigle, leur château fort.
Description du château au début du siècle
En voyant ces lieux, on ne conçoit qu'une pareille idée
ait pu germer dans l'imagination d'un homme encore moins comment elle
a pu être mise en exécution.
Les restes du château consistent dans une tourrectangulaire qui
devait avoir sept étages, dont le plus haut et le plus bas étaient
voutés. Sa hauteur approche les 20 mètres, ses murs sont
épais, très solidemment construits avec revêtement
intérieur et extérieur de pierres taillées au marteau,
de moyenne grandeur, disposées en assises régulières.
A coté de la tour, à gauche se trouve une autre corp de
batiment qui devait avoir trois étages, dont le plus bas était
vouté et servait , dit-on, de chapelle.Rien n'indique cet usage
et il est plus problable que c'était le cellier. Le mur de derrière
était formé par la paroi même du rocher. A coté
se trouve un précipice plongeant sur la rivière et sur un
gouffre béant que l'oeil nu ne mesure qu'avec effroie. Les fondations
reposent sur des engravures faites dans le rocher de main d'homme en en
suivant les sinuosités et ont au pied un talus considérable.
Ce n'était qu'à plusieurs mêtres de hauteur qu'on
avait pu gagner sur le rocher un plafond de quelques mètres carrés.
A droite de la tour, il se trouve encore un autre batiment effondré
sur lui-même; on arrivait à ce donjon par une sentier difficile
formé en partie par une saillie du rocher et en partie par un mur
qui a disparu et dont les matériaux ont servi à la construction
et au service de la tour et de ses dépendances.
Aujourd'hui, on y arrive par une petit sentier presque impraticable et
par des marches gravées dans le roc; marches qui, peut-être,
servirent autrefois de fondations du mur dont nous venons de parler.
Déductions de par les différents indices restants
Il parait cependant que ce n'était là que la partie fortifiée
du château : Le donjon. Il n'y avait, en effet, pas assez de local
pour loger une famille de seigneur avec les domestiques et le train de
maison : hangars, écuries, bergerie, grenier à foin, etc.,
nécessaires au bétail ????? ???? dont il est parlé
dans la charte de 1032.Au dessous de la tour, à 30 mètres
environ et à pic, il se trouve une terrasse d'une trentaine de
mètres de largeur. Sur l'avant bord, ile se trouve un pan de rocher
taillé en dedans de 4 mètres de long sur deux de haut, au
milieu, se trouve une meurtrière évasée au dedans
et au dehors ayant 30 centimètres de hauteur sur 15 de largeur
et ayant une vue sur le pont.
Sur ce rocher se trouve d'????? engravures ayant servi soit d'appui pour
des poutres ou des crampons en fer. Evidemment, c'était un lieu
de défense, à coté, il y a encore quelques pierres
énormes entassées en forme de mur. Cette terrasse est aujourd'hui
cultivée. On suppose, et avec raison, que là, devait se
trouver le pricipal corps de la maison du château bien qu'il n'en
reste pas de traces, ni pierres, ni débris. Les pierres auraient
servi très probablement à batir les trois ou quatres maisons
qui se trouvent en bas et la déclivité du terrain en aurait
facilité la chute dans la rivière.
On a retrouvé, à cet endroit, un trousseau de 15 clefs,
ce qui semble bien confirmer nos conjectures.
A une vingtaine de mètres de cette terrasse, on trouve encore
et à pic, un autre emplacement de 8 ou 10 mètres carrés
fait par la nature et de main d'homme et dominant le pont d'une vingtaine
de mètres. Il parait que ce devait être un endroit fortifié
pour défendre le chemin, qui au sortir du pont montait en ????
vers me château. Je suppose que c'était un sentier plus direct
à l'usage seul du château. Deux trous pratiqués à
un rocher démontrerait qu'il y avait là une porte qu'on
pouvait solidement barricader.
Un pont était jeté sur la rivière. On voit encore
le replat fait sur une pointe de rocher pour recevoir une des culée.
Etait-il en bois ou en pierre? Rien ne l'indique. La tradition locale
atteste qu'il fut détruit par un bloc de pierre qui se détacha
de la montagne qui est au levant. Celui qui existe actuellement fut construit
en 1866 par Jean Gleyze sous le mairage de M. Dubois. Les maisons qui
se trouvaient à coté ont conservée le nom de pont
de Borne.
Le chemin qui conduisait de Valgorge à Saint Ethienne de Lugdares
passait par ce pont montant par des lacets près du château.
Un autre chemin venant de Saint Laurent Les Bains et allant aux Chazalettes
ou au bois des Chambons venait croiser le premier à la tête
du sentier qui conduisait au château et à un endroit qui
a conservé le nom de Barri ( ou rempart ). Ces chemins
étaient très difficiles et ????, à peine si les bètes
de somme pouvaient le suivre.
Avant l'invention de la poudre, ce château ne pouvait être
pris que par surprise, trahison ou famine ou détruit par l'incedie.
Un corps d'armée tant soit peu considérable n'aurait pu
y arriver, se mouvoir et trouver assez de vivres autour du château.
Un des curé de Borne pense que le château a été
incendié ainsi que la ville.
On a trouvé en divers endroits sous terre des charbons et une
four à cuire le pain. Toutefois, cette ville n'a pu être
considérable. Sa situation de lieux s'y oppose.
L'église de Borne, reconstruite en 1690 par M. Delaver prieur
et en 1863 par M. Breysse curé sur le même emplacement, se
trouve à un kilomètre environ du château sur un petit
mamelon exposé à tous les vents.
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